Par Rabia Salhane 

Casablanca - Avec l'accentuation de la pandémie de coronavirus, les manifestations de l'entraide sociale et les initiatives de la société civile visant à alléger les effets de la crise et aider les familles affectées n'ont cessé de s'amplifier tout au long d'un contexte morose.

Outre le soutien et les aides fournis par l'Etat aux catégories affectées, les initiatives de la société civile se sont multipliées pour prêter main forte aux familles ayant souffert des effets de la pandémie de Covid-19.

Dans ce contexte marqué par un grand élan d'entraide et de solidarité sociale, l'initiative "lkhobz kaitsena" (pain en attente) a vu le jour dans plusieurs quartiers de la ville de Casablanca, et au-delà.

Cette initiative consiste à payer du pain auprès d'un boulanger, un épicier, un marchand ambulant, et à le lui laisser ''en suspens". Charge à lui de le donner à des personnes nécessiteuses. C'est une action qui parait simple mais illustre l'esprit de solidarité et d'entraide qui ont toujours constitué les piliers majeurs de la société marocaine.

A cet égard, le président de l'Association "Marocains Pluriels", Ahmed Ghayet, initiatrice de l'action à Casablanca et Mohammadia, a souligné, dans une déclaration à la MAP qu'il s'agit d'une action de solidarité de proximité - et non pas de charité - "simple, respectueuse et à la portée de beaucoup d'entre nous".

Selon lui, l'idée est née de l’initiative "Café suspendu" pratiquée dans de nombreux pays et qui consiste à prendre un café et payer le prix de deux ou plus, notant que dans la période que "nous traversons, et alors que nombreux sont nos compatriotes qui ont sombré dans la précarité -comme partout dans le monde- nous avons transposé cette idée à celle du pain en suspens, car c’est un aliment de base, nécessaire aux enfants comme aux adultes".

Et de préciser que pour plus de confiance et d'efficacité, l'on a préféré mener cette action dans la proximité (la rue, le quartier.. de proximité), où les gens connaissent déjà les commerçants, relevant que ceux-ci connaissent eux-mêmes les personnes dans le besoin : le sans domicile fixe, la famille démunie, le travailleur qui a perdu son emploi, celui qui travaille dans l’informel et souffre du fait de la conjoncture…".

À cet égard, M. Ghayet se réjouit que cette idée, lancée l’hiver dernier sur les réseaux sociaux, ait aussitôt connu un grand succès sur le terrain, relevant que "très, très nombreux sont les compatriotes qui ont rejoint l'association dans l'action, à travers tout le Royaume".

Selon le président de l'Association "Marocains Pluriels", dans le but d'avoir un effet démultiplicateur, "nous initions l'action tous en même temps, chacun dans sa région, ce qui lui donne une grande ampleur et une grande visibilité, notant que l'initiative "Lkhobz kaitsena" est devenue un rendez-vous annuel dans l'agenda d’actions de l'Association.

L’initiative "Lkhobz kaitsena" est avant tout basée sur deux principes forts : la proximité et la confiance, ce qui fait qu'outre les associations initiatrices, "très nombreux sont nos concitoyen(ne)s qui la pratiquent", s'est-il félicité.

En plus de la capitale économique du Royaume, cette initiative a été lancée dans nombre de villes marocaines notamment Mohammadia, Rabat, Essaouira, Marrakech, Agadir et Fès.